Un modèle de consommation privilégiant les convergences d'intérêts sur le long terme
Un article de decroissance.ch.
Copinage : Réseau Objection de Croissance (R.O.C) Suisse
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La consommation occidentale à l'aube du 21ème siècle a atteint des extrêmes en ce qui concerne la différence de compréhension des marchés entre vendeur producteurs et consommateurs qui souvent pour ces derniers ne comprennent pas grand chose au fonctionnement des produits qu'ils achètent! Tout cela rend la consommation éclairée difficile et facilite l'apparition d'objets étranges et peu fonctionnels Dégénérescence des objets. Mais revenons au sujet principal de l'article qui implique un modèle de consommation qui fasse évoluer les produits et services de manière positive jusqu'à les stabiliser de manière permanente quand leurs caractéristiques sont pleinement satisfaisantes pour les consommateurs or les systèmes de marchés presque totalement libres excellent pour créer des nouveaux produits et changer leurs caractéristiques mais peinent à les maintenir dans un état ergonomique idéal car cet état correspond généralement à une rentabilité faible parce que le produit est durable et polyvalent! Il y a donc une importante divergence d'intérêt entre acheteur et vendeur simplement au niveau de l'évolution des produits. A l'extrême le consommateur désire un produit à prix abordable utile dans de nombreux domaine (ce qui évite d'acheter d'autres produits) et éternellement durable, tandis que le vendeur pour maximiser son chiffre d'affaire vise les pôles opposés (chers, spécialisé, éphémère). A noter qu'il y a conflit d'intérêt dès la conception d'un nouveau produit, mais en pratique les producteurs arrivent rarement à créer directement un produit chers, spécialisé et éphémère pour les raisons suivantes : il faut quand même s'imposer de temps en temps fasse à la concurrence avec une argumentation rationnelle, le facteur nouveauté en lui même peut être suffisant pour booster un marché, l'activité créatrice de conception s'accommode mal au niveau psychologique de facteurs dégradants dès le départ et c'est par la suite une fois que les ventes stagnent sur un bon produit que des stratégies marketing et créatrices vont petit à petit le doter de caractéristiques délétères et handicapantes! Il s'ensuit comme suggéré dans l'article Dégénérescence des objets que des associations de consommateur ou même l'état devraient être capable de stabiliser un produit dans sa meilleure phase.
Un autre secteur à examiner attentivement est celui des réparations où nous avons systématiquement des divergences d'intérêts entre consommateurs et vendeurs, car les consommateurs préfèreraient idéalement n'avoir jamais recours à ces services sous entendu n'avoir jamais de pannes! Hélas le monde est imparfait et les pannes sont inévitables! Il convient dès lors de se pencher sur les secteurs où les pannes peuvent porter atteinte à l'intégrité corporelle ou psychique du consommateur de ceux que ce genre de risques n'atteint pas, puis des secteurs où la verticalité des acteurs est suffisante pour imaginer des pannes préprogrammées dès la conception du produit. Il s'ensuit probablement que les secteurs liés à la santé sont les plus critiques par rapports à ces questions et il est temps de se poser quelques questions pratique de la vie de tous les jours :
Est-il normal :
- Qu'en arrivant dans une pharmacie (probablement malade et affaibli) de se faire proposer d'entrée le produit le plus chers?
- De savoir en consultant un dentiste privé que s'il se trompe ou fait un diagnostique plus pessimiste que la réalité il risquera bien de gagner plus au dépend de notre intégrité corporelle?
- Que les sociétés pharmaceutiques gagnent plus quand les populations sont de fortes consommatrices de médicaments, donc souvent malade? On pourrait dans ce cas s'arrêter au premier degré et considérer simplement et logiquement que tout travail mérite rémunération, mais dans les fait on a des entités extrêmement puissantes qui ont intérêts à ce que nous soyons malades de manière optimale pour maximiser la consommation de médicaments!
Solutions :
- l'étatisation progressive et intègre des services où les conflits d'intérêt entre consommateurs et producteurs sont trop importants résoudrait de nombreux problèmes! On pourrait imaginer l'état achetant les secteurs stratégiques d'entreprises cibles pour les faire fonctionner dans l'intérêt strict de la communauté! Pourquoi l'état ? C'est la seule entité qui a un intérêt financier direct à minimiser les actes réparateurs en agissant à la fois sur les services et la prévention, à condition bien sûr d'être intègre et de représenter pleinement les intérêts de ses membres.
A noter que :
- Il n'y a pas de raisons que l'état ne rachète que des sociétés moribondes pour empêcher des faillites.
- Je vois déjà certains lecteurs lever le spectre du communisme soviétique, mais (1) Il ne faut pas confondre dictature communiste et initiative étatique communautaire. (2) Il ne s'agit pas de proposer un communisme général de la société, mais simplement de rendre communautaires des secteurs qui fonctionneraient mieux ainsi par convergence d'intérêts entre consommateurs et producteurs/réparateurs. (3) Le communisme a mauvaise presse partiellement à cause des horreurs commises par Staline, mais il faut garder à l'esprit que ce fut dans d'autres domaines un phénomène social incroyable permettant la cohésion d'une énorme communauté et des prouesses scientifiques et techniques de tailles (notamment le premier homme satellisé) et toute cette centralisation sur une énorme échelle géographique et chronologique sans l'informatique! Totalement renversant.
Pièges :
certains pourraient argumenter que dès qu'il y a un échange commercial libre il y a convergence d'intérêt, sinon une des parties ne participerait pas volontairement à l'échange, ce raisonnement est biaisé sur de nombreux facteurs :
1) un vrais choix implique suffisamment de liberté donc aussi la liberté de recourir à des services communautaires/étatiques ce qui est impossible si ces derniers n'existent pas. 2) le "consommateur" / patient choisit le service, mais il ne choisit pas de tomber malade, et quand les rouages de la production le font tomber malade à cause de divers facteurs (*a) délétères, on s'aperçoit que le système de par sa nature anarchique force en quelque sorte les gens à tomber malade pour les soigner ensuite au prix fort. Il n'y a probablement pas de volonté de procéder ainsi, mais c'est une propriété malheureuse des sociétés économiques principalement basées sur le profit individuel à la place d'être basée sur le profit collectif qui viserait principalement une augmentation de la qualité de vie générale.
(*a) Quelques facteurs délétères courants : la pollution, le stress compétitif, une nourriture déséquilibrée en rapport avec sa production, par exemple des fruits et légumes poussés aux pesticides, cueillis trop tôt et transporté de trop loin etc.
Conclusions :
Il ne s'agit par contre pas ici de prêcher le communisme mais un juste équilibre entre les entreprises qui sont plus efficacement menées de manière libérales et où l'ingérence de l'état est synonyme de perte de temps, et au contraire celles qui bénéficieraient d'une étatisation étendue. Il est suggéré dans cet article que le degré de convergence d'intérêts entre consommateurs et producteurs pourrait servir d'instrument de décision pour savoir si une activité commerciale donnée bénéficierait d'une ingérence étatique ou pas.

