OGM et consommateur

Un article de decroissance.ch.

Les OGM ne sont pas que « bons ou mauvais » pour le consommateur. D’abord, quel consommateur ? Appelle-t-on quelqu’un qui fait partie des « populations sous alimentées » un « consommateur » ? Non. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas le choix de sa consommation : il peut se nourrir, mal se nourrir, ou pas se nourrir. Et ce qui lui est imposé pour se nourrir, ce sont entre autre des OGM (les USA refusent l’aide alimentaire à tout pays qui n’accepterait pas d’aliments transgéniques).

Un consommateur est donc quelqu’un qui peut choisir ce qu’il consomme. La notion de choix est déjà comprise dans le fait de consommer. Donc défendre la notion de « choix du consommateur », c’est défendre un pléonasme. On croit en fait pouvoir choisir. Les consommateurs veulent choisir entre des aliments transgéniques et des aliments pouvant contenir jusqu’à 1% d’OGM (seuil jusqu’auquel l’étiquetage n’est pas obligatoire en Europe). Même si le choix est une illusion, tout va bien, le pouvoir de choisir du consommateur est sauf.

Et si tous les consommateurs optaient pour le moins d’OGM, en quoi cela minimiserait la production d’OGM pour les « populations sous alimentées » ? Alors qu’en France, on produit déjà des semences OGM pour l’exportation vers les pays du sud… Les ravages que fait l’agriculture génétiquement modifiée et industrielle chez les petits paysans du sud suffisent amplement à démontrer qu’il n’y a pas à choisir, entre un aliment qui pourrait contenir un risque pour la santé du « consommateur et de son environnement » (comme si c’était pas la même chose) et un aliment dont on ne sait s’il en contient ou pas ! La seule traçabilité à élaborer, c’est de ne plus rien avoir à contrôler. Il faut pour cela refuser de manger tout ce qui pourrait même contenir moins de 1% d’OGM. Ça suppose la destruction immédiate de toute culture OGM, de toute semence OGM, de tout produit OGM, et de tout essai, confiné ou non.

A propos du Monde selon Mosanto Documentaire de Marie-Monique Robin (Arte , France, 2007, 1h48mn)