OGM à Pully
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Du blé OGM en plein champ à Pully ou comment tester la contamination en contaminant !
Dernières nouvelles: 13 novembre 2008: Disséminations_expérimentales_deblé_OGM_à_Pully
Le Programme National de Recherche (PNR59) sur l’utilité et les risques des plantes génétiquement modifiées (PGM), autrement dit OGM, est lancé !
Une partie du programme s’énonce dans la réalisation d’essai en plein champ d’un blé de printemps génétiquement modifié dont la semence est issue de l’ETH et l’Université de Zürich . Ces plantes génétiquement modifiées (2 sortes différentes) seront semées dès le mois d’avril sur le site de Pully-Caudaux (VD) .
Le suivi de l’essai sera réalisé par une équipe de la station de recherches agronomiques de Changins (VD). Il aura pour but d’observer le comportement du blé lors d’une infection par oïdium, un des principaux ravageurs de la céréale. Une personne surveillera quotidiennement le site. Des clôtures d’1.50m de haut et d’un maillage de 5cm entoureront l’essai. Des filets seront tendus durant la phase de levée des céréales.
Les distances d’isolation théoriques prévues pour l’essai sont destinées à observer les contaminations de la flore voisine. Une contamination se réalise par le pollen ou par le grain mûr. Le risque avec du pollen de blé est peu important puisque sa viabilité est réduite à quelques heures, mais il n’est pas nul. La contamination de cultures voisines par le grain mûr est bien plus sérieux (oiseaux, trafic routier, moissonneuse batteuse). Dans le cadre de ces essais réalisés par la recherche publique, d’importantes précautions sont prises pour minimiser les contaminations. Ces précautions d’isolation ne seront jamais prises pour les éventuelles futures cultures OGM.
Plusieurs interactions entre les plantes modifiées et d’autres organismes (ver de terre, bactéries du sol, cloportes) seront étudiées par divers instituts de recherche suisse entre 2009 et 2012. Par ces démarches du respect déontologique d’isoler l’essai au maximum, la recherche publique offre encore une certaine crédibilité. Mais pour combien de temps ?
- Dans les 300m, aucune production de semences de blé, de seigle, de triticale n’est autorisée.
- Dans les 200m, les pollinisations croisées sont « contrôlées » notamment avec Aegilops cylindrica, une espèce sauvage compatible avec le blé, rare en Suisse.
- Dans les 100m, aucune culture de blé, de seigle ou de triticale n’est tolérée.
- Dans les 60m, la prospection des repousses de blé, de seigle, de triticale est effectuée.
- Dans les 2.60m, un « manteau de protection » semé en blé sert de contrôle des pollinisations croisées. Les surfaces d’essai couvriront 12m2 minimum en 2008. Elles seront dix fois plus importantes en 2009 et 2010 et seront installées à Changins.
Un suivi post-essai pour 2011 et 2012 est prévu : labour différé (retournement du sol) qui attendra la levée complète des « éventuelles repousses ».
Bref, tout semble se dérouler sous le meilleur des contrôles possibles. Les contaminations restent inévitables ; les scientifiques le reconnaissent. Ils commencent même à le dire. Bon, tout ce scénario soulève quelques questions…nous vivons bel et bien l’ère d’un moratoire pour une Suisse sans OGM jusqu’en 2010…Génial, mais alors quoi ? Les chercheurs ne semblent pas avoir droit à leur temps de paresse. C’est la ruée dans le tout bio-technologique. Cette fuite en avant refuse de coopérer avec la richesse variétale obtenue par des décennies de sélection traditionnelle.
L’Homme serait-il devenu un Dieu bienfaiteur pour pouvoir espérer résoudre les problèmes que lui-même s’acharne à inventer chaque jour…A-t-on oublié que la meilleure défense à une épidémie reste la diversité des organismes rencontrés ? On est loin des clones brevetés que la science nous propose.
Cette fuite en avant est immonde et encore mal connue du grand public qui s’en détourne sitôt que des termes scientifiques sont énoncés. Il est pourtant facile de comprendre que rien n’empêchera un chercheur de chercher ! Cette espèce humaine est douée d’une extraordinaire faculté à ignorer le bien commun dans sa simplicité et s’évertue à compliquer les états naturels des organismes.
Le PNR59 doit contribuer par ses résultats scientifiques à répondre aux interrogations des politiciens et de la société au sujet de cette nouvelle technologie (=les OGM). Pourtant, les résultats définitifs de ces essais paraîtront après la votation pour ou contre la reconduite nécessaire du moratoire en 2010. Alors pardon de douter du bien-fondé de ces essais qui j’espère auront le mérite de faire réagir les âmes humaines pour qui une solution n’est qu’une énonciation qui n’a pas encore été contredite. Malheureusement pour ce sujet, le temps de l’énonciation est déjà dépassé. A part ça, l’équipe qui suit les essais (AgroscopeChanginsWädenswil, la station fédérale de recherches agronomique) devra soutenir l’Office Fédéral de l’Agriculture sur les demandes de commercialisation d’OGM (ou PGM c’est pareil) au cas où le moratoire n’était pas reconduit fin 2010. Ceci est écrit dans le contrat officiel !! Que vive le futur fait accompli…
Quand il s’agit de tester une bombe chimique, on ne charge pas la toxine à l’intérieur… ».
Un risque ne se dilue pas dans le temps, il se concentre.
Contre les pellicules, pourquoi pas des zones sans cheveux.
Minoritaire aujourd’hui, majoritaire demain.
Un homme, les pieds dans la glace et la tête dans le micro-onde aura une température moyenne de 37°C. CQFD.
Résultat scientifique statistiquement non significatif = l’eau pourrait être polluée. Vous pouvez donc la boire.
« On adore déplacer une grue pour soulever un grain de sable » C.Vélot
Les contaminations de cultures conventionnelles par des semences ou des pollens GM sont affaire courante dans le reste du monde ; pourquoi faudrait-il s’assurer que la Suisse jouisse du même risque.
Pourquoi s’évertuer à gaspiller de l’argent dans une recherche destinée à mettre le citoyen sur le fait accompli dans quelques années ?
Serait-ce un moyen pour expliquer scientifiquement que la recherche ne sait pas ce qu’elle recherche. Lorsque qu’il s’agit d’étudier les contaminations horizontales (..), les chercheurs sont confiants…pourtant, une microfaune dont on ne connaît qu’à peine le 5% est directement concernée et certainement irrémédiablement bouleversée. Pour palier cette grave lacune : on promet qu’une étude de cerveaux d’un laboratoire y comprendra quelque chose. Y’en a pour qui le mot complexité n’existe pas…
Les grains de blé modifiés ne seraient pas destinés à être commercialisés. Les variétés seraient déjà dépassées par leurs consoeurs mises au point régulièrement dans des laboratoires privés (Syngenta, Pioneer, Aventis et Co). La Suisse n’a au moins pas perdu sa vocation de pays généreux : la Confédération paie pour des recherches sans vouloir espérer de retour financier : ça c’est de la nouvelle !!!
Action Généreuse envers la Controverse Transgénétique
Action Généreuse contre les Chimères Transgéniques
Notes: 1. Un blé modifié par des gènes de résistance en provenance de l’orge (chitinase-glucanase) et un autre modifié par des gènes de résistances spécifiques au blé (pm3b).Ces organismes modifiés ont théoriquement acquis le don d’empêcher la germination d’oïdium sur le tissu végétal. 2. Un recours auprès du Tribunal administratif de l’Etat de Vaud court toujours. Il a été déposé par cinq riverains de l’essai et a un effet suspensif sur le semis.
Voir aussi Campagne suisse «Prudence OGM»

