OGM

De Décroissance.
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Les nombreux fauchages et autres destructions d’OGM de ces dernières années, s’ils n’ont pu empêcher totalement ceux-ci d’entrer en Europe, auront au moins eu le mérite d’informer les populations. Ils sont ainsi plus de 80% en France à refuser les OGM dans leur alimentation et à demander un moratoire sur les cultures en plein champ. Ce souci imprévu des consommateurs pour leur santé force le temple de l’agrobusiness à de nouveaux calculs.

82% des OGM cultivés dans le monde sont du soja et du maïs. Or le soja et le maïs sont l’aliment de base des usines à viande que sont les élevages industriels. Les humains n’en veulent pas ? Nourrissons-en les animaux ! On retrouve également le soja – sous forme de lécithine – et le maïs – sous forme d’amidon – dans la quasi-totalité des produits alimentaires transformés. En petites quantités, il est vrai, ce qui leur permet d’échapper à l’étiquetage, mais ils représentent néanmoins des débouchés importants pour ces deux cultures. Et si chez nous, on s’offre le choix de refuser de manger des OGM, ce n’est guère le cas des pays victimes de l’aide alimentaire, régulièrement et généreusement nourris de maïs génétiquement modifiés en provenance directe des Etats-Unis. Ça vaut mieux que de mourir de faim, non ?

Mais si la santé est un enjeu crucial du débat sur les necrotechnologies, il n’est guère le seul. Les brevets sur le vivant ; la main-mise des sociétés agroalimentaires sur les semences, base de l’alimentation des peuples ; la quasi-totale dépendance des paysans – exploités agricoles – à ces dites sociétés ; la contamination irréversible à long terme et donc l’impossible coexistence de cultures OGM et non-OGM ; toutes ces raisons – qui font que tout OGM, mauvais ou non pour la santé, se doit d’être rejeté – sont souvent occultés car trop loin du souci pressant du consommateur, habitué à n’avoir un avis que sur ce qui le touche directement, reléguant le reste à la discrétion des spécialistes et autres experts.

Il est ainsi notable de relever que, sous prétexte qu’on ne le mange pas – et qu’il n’est d’ailleurs pas non plus produit chez nous –, le coton transgénique nous habille sans craintes. Et parce qu’ils sont moins réprouvées par le consommateur, les OGM non-alimentaires sont devenus le cheval de Troie de leurs thuriféraires. Bien sûr, tous et toutes font du « développement durable » leur combat quotidien et nous promettent monts et merveilles dans le meilleur des mondes transgéniques.

Il en est ainsi des Agrocarburants censés résoudre les problèmes d’émissions de carbone tout en repeignant de vert l’objet de destruction massive qu’est la bagnole. Mais ne nous leurrons pas ; même en imaginant encore augmenter les rendements grâce au génie génétique, ou pourquoi pas développer des cultures dans les régions arides, les Agrocarburants ne seront jamais une voie d’avenir. Ne serait-ce que par ce que si l’ensemble des terres arables de la planète leur était dévolues, ils ne nourriraient que 20% du parc automobile mondial. Et les humains de s’entre-dévorer...

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