La Journée Sans Achat

Un article de decroissance.ch.

Sommaire

Journée Sans Achat 2011

Enchaînés au crédit à la consommation

A Genève, en ce samedi 26 novembre 2011, Journée mondiale sans achat, une dizaine de personnes du Réseau Objection de Croissance Genève se sont enchaînées à un panneau publicitaire vantant le crédit à la consommation. Voir et télécharger les photos en haute qualité ici.

« Le crédit c'est la consommation, et la consommation c'est le système : on touche pas ! »

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C’est la citation centrale d’un film qui est actuellement dans les salles de Suisse romande, « Toutes nos envies », qui dénonce l’endettement des ménages. En effet, le crédit est bien une des pierres d’angle de tout le système économique basé sur le dogme de la croissance infinie.

Le contexte mondial actuel, en grande crise, en est la preuve puisque les dettes gangrènent l’ensemble de notre société (crise des subprimes, l’effondrement des banques que les états ont sauvées avec l’argent des contribuables, des pays entiers endettés à tel point que l’on parle de faillite, etc.) : en exergue de ce système basé sur la croissance, on retrouve le crédit à la consommation – qui crée de faux besoins, augmente la consommation, aliène les bénéficiaires et pousse au surendettement. En effet, en Suisse, 18% des ménages vivent avec au moins un crédit, et 8% vivent avec des découverts critiques.

Par ailleurs, nous ne sommes pas libres et égaux devant le crédit à la consommation : - L’endettement frappe davantage les chômeurs, les étrangers et les familles monoparentales. 23% des 18-24 ans vivent dans un ménage ayant contracté un emprunt ! - Le matraquage publicitaire rend ces populations encore plus vulnérables : en effet les instituts de crédits usent de publicités agressives, particulièrement auprès des jeunes (ce qui pousse ensuite à une surreprésentation des jeunes à l’aide sociale).

Le ROC-Genève demande donc que la publicité pour le petit crédit soit interdite en Suisse : une initiative parlementaire visant à interdire celui-ci a récemment été acceptée au Conseil National grâce au soutien de la gauche et du centre, reste à confirmer ce vote au Conseil des Etats. Le ROC s’associe ainsi à Caritas Genève qui lui a apporté son soutien et qui s’occupe au quotidien des situations de milliers de familles endettées.

Nous ne pouvons plus laisser le système de la croissance diriger nos vies, endetter notre jeunesse et polluer la planète : nous devons mettre un frein à tout encouragement à la consommation. Cette Journée mondiale sans achat arrive donc à point nommé avant les fêtes de Noël et en période de crise mondiale généralisée pour rappeler que la consommation matérielle n'augmente pas le bonheur et que des changements radicaux sont indispensables pour renouer avec un mode de vie soutenable.

Ces changements visent à une diminution de l'utilisation de matières premières et d'énergie, et à un retour à une économie réelle qui fixe des limites à la consommation, de manière démocratique et juste afin de répartir équitablement les ressources en donnant plus de place à la nature, aux relations humaines et à la culture.

Le ROC-Genève.

Médias :

- A écouter ici, la totale de l'émission "Six pieds sur terre" sur Couleur 3, où quelques membres du ROC-GE ont été interviewé-e-s, chaque matin de la semaine précédant la Journée sans achat !

- Le blog de Haykel EZZEDDINE

Autres articles sur la Journée sans achat 2011 :

- Greenpeace Suisse pour qui "il est important aujourd’hui d’exiger d’en finir avec la surconsommation qui détruit l’environnement et rend les personnes malades."

Journée Sans Achat 2010

En ce 27 novembre, le ROC-GE a invité la population à la place du Molard entre 10h et 17h. Un thé chaud a été offert et les gens invités à échanger ce que bon leur semble, de préférence quelque chose d'immatériel.

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Aujourd'hui, dans le monde entier, la population est amenée à boycotter pour un jour la société de consommation. Agendée en pleine fièvre acheteuse de fin d'année, la Journée Sans Achat (JSA) se veut une dénonciation de l'insoutenabilité écologique et sociale de la croissance exponentielle de la société de consommation. A la base, la JSA vient d'Amérique, a débuté pour dénoncer la fièvre acheteuse des fêtes de fin d'année, à l'organisation des Adbusters (littéralement Casseurs de pub) qui défendent le petit commerce de proximité.

Dans la période de Noël, cette action vise donc à faire réfléchir sur notre rapport à la consommation, à l'argent et aux objets.

La société de consommation est une société de consolation : elle propose le plus avoir pour compenser notre mal-être. Elle entretient une logique de faux besoins et de désirs jamais assouvis.

L'argent: ce qui n'a pas de prix n'a pas de valeur. Avec ce principe on est en train de détruire les biens de l'humanité: la nature, les liens sociaux et la culture.

Les objets: en en programmant leur obsolescence on stimule leur abandon et remplacement toujours plus rapide.

Par cette action le ROC veut stimuler la réflexion pour inverser ces tendances.

Le ROC en profite pour appeler une dernière fois au rejet de la loi sur l'extension des horaires d'ouverture des magasins (LHOM), soumise en votation dimanche 28 novembre 2011. Le ROC-Genève a en effet pris officiellement position contre cette loi, et a produit une affiche (voir ci-contre) avec un dessin de Tom Tirabosco pour l’affichage public.

Travailler plus pour gagner plus semble être le seul paradigme valable. Or le bilan environnemental et humain de cette logique est consternant.

Le ROC est convaincu que des alternatives existent, notamment en partageant le travail, en diminuant les écarts de revenu, en vivant de façon plus simple et en augmentant notre temps libre, pour une existence plus riche, socialement et culturellement.

Ces thèmes seront développés lors de la conférence de Patrick Viveret, philosophe et économiste, jeudi 2 décembre à 18h30 à l'auditoire Piaget - Uni Dufour.

N. B L'action dans les rues basses de samedi verra aussi la participation du SEL du Lac, association genevoise dont les membres échangent entre eux des Biens, des Services et des Savoirs, par l'intermédiaire d'une unité autre que l'argent (les grains de sel).

Journée Sans Achat 2009

Le plus sûr moyen d’aggraver la crise est de continuer dans la fuite en avant du consumérisme. Et si au contraire on profitait de la crise pour s’arrêter et réfléchir aux impasses de la société de croissance ? www.casseursdepub.org
Le plus sûr moyen d’aggraver la crise est de continuer dans la fuite en avant du consumérisme. Et si au contraire on profitait de la crise pour s’arrêter et réfléchir aux impasses de la société de croissance ? www.casseursdepub.org

Samedi 28 novembre dernier, lors de la Journée sans achat, le Réseau Objection de Croissance (R.O.C) Suisse a fêté son premier anniversaire : le temps du bilan et des perspectives est venu après une année d'objection de croissance en Suisse, la création de 5 groupements régionaux (GE, VD, NE, FR, BE-JU) et la mobilisation d'environ 1'000 participant-e-s.

Concurrencée à Genève de tous côtés (manifestation anti-OMC, samedi du partage et importantes votations fédérales), force est de constater que la Journée sans achat 2009 n'a pas bénéficié d'une couverture médiatique et d'une mobilisation à la hauteur des revendications qu'elle sous-tend.

Son organisation d'abord, qui n'a tenu qu'à la volonté farouche de quelques militant-e-s détermin-é-e-s du réseau.

Inutile en effet de compter sur une mobilisation de la société civile ou des partis politiques : les méfaits de la surconsommation, aussi bien à déceler au niveau des travailleurs que sur la planète ne semblent pas être pour ceux-ci des thèmes suffisamment parlant pour mobiliser les citoyen-nne-s. A notre connaissance, en Suisse Romande, au niveau des partis, seule la section des Verts valaisans a organisé un stand lors de cette journée à Sion... Dans la société civile, seul ChrisNet, forum chrétien sur internet, déjà co-organisateur de la Journée sans achat en 2008 à Genève, a mis en place des actions à Berne et Yverdon (lire leur compte rendu et voir leurs photos).

Inutile non plus de compter sur une couverture médiatique digne de ce nom. Seul le Courrier a daigné y consacrer quelques lignes, dans un article intitulé Plein d'idées contre les cabas pleins. La RSR, elle, a proposé un interview d'un membre du ROC-GE, Pietro Majno, dans son émission Prise de terre, intitulée pour l'occasion « Aujourd'hui, je n'achète rien… ». Enfin, l'action anti-pub visant à annoncer la Journée sans achat tout en critiquant l'invasion de la publicité dans l'espace public, a fait l'objet d'un article sur la plateforme Indymedia.

A Genève, sur la place du Molard, des stands et actions ont eu lieu. Le fait de proposer un espace de gratuité, de convivialité et de répit, en pleine rue marchande, à quelques jours de Noël, était déjà un acte hautement symbolique, voir révolutionnaire. Une soupe de la réflexion, concoctée grâce aux légumes offerts par les Jardins de Cocagne et au travail matinal des objecteurs-trices de croissance, a été partagée avec les (rares) personnes qui prirent le temps de s'arrêter et réfléchir un instant avec nous sur les le thème de cette journée. Quelques photos témoignent de cette action dont la morale pourrait être : passer de "pion de la consommation" à "pionnier de la sobriété heureuse" ne se fera pas en une Journée !

Puis, une table ronde débat sur le thème : "Pouvoir d'achat, Consommation responsable ou Frugalité heureuse ?" s'est déroulée à la Maison des Associations. Nous avons assisté aux interventions de Martine Brunschwig Graf, conseillère nationale libérale-radicale, de Christian Comeliau, auteur de L’économie contre le développement ? et de Roger Deneys, député PS au Grand Conseil (GE) et membre du ROC-GE, tout cela sous la modération de Pietro Majno, chirurgien, membre du ROC-GE. Ces interventions succédaient à la projection du film « Story of stuff » de Annie Leonard.

Le débat était lancé sur notre modèle de production, sur l'impasse du modèle de croissance issu du capitalisme et sur l'existence de limites physiques à la planète nous obligeant à limiter notre consommation. Le débat se termina par une réflexion sur l'idée de contrainte (nous préfèrerons le terme "limites") que sous-entend la notion de sobriété heureuse dès lors que l’on passe du niveau individuel au niveau sociétal. Cette question de M. Brunschwig Graf fut posée à l'assemblée : « Dites-moi ce que vous voulez, et quelles contraintes vous êtes prêt-e-s à accepter ? ». Cette question méritait un nouveau débat à elle seule.

Les objecteurices-teurs de croissance n'ont pas attendu la question de la libérale radicale pour proposer des alternatives au système capitaliste. La décroissance promeut des pratiques à mettre en œuvre ici et maintenant : vivre autrement (squats, écovillages), produire autrement, consommer autrement, etc. Autant de voies que l’on peut suivre concrètement aujourd’hui sans attendre une hypothétique « grève générale ». La critique du dogme de la croissance s'est aussi enrichie, ces dernières années, de toute une réflexion concernant les pans de croissance auxquels nous sommes prêt-e-s à nous attaquer en premier, et sur les moyens pour y parvenir.

Le ROC participe à l'ébauche de ces réflexions au sein de ses multiples groupements régionaux et commissions, en proposant notamment de s'attaquer à l’industrie de la viande par l'instauration d’une nouvelle fiscalité de la viande, au système de l'intérêt et de la dette, à l’industrie de la publicité par interdiction de la publicité pour les voitures ou les avions, au crédit à la consommation, aux vols low-cost par l'instauration de taxes aéroportuaires, à la ristourne des intérêts bancaires à des projets climatiques, à un macaron qui réserve la voiture individuelle à des personnes avec mobilité réduite, à des taxes/primes pour les employeurs selon le type de mobilité des employés. Ou encore, l'instauration d'un revenu inconditionnel de citoyenneté (ou Allocation universelle), capable de nous sortir de l'aliénation du travail en redonnant du temps pour des activités locales et épanouissantes.

Il semble donc que l'avenir du ROC est à chercher dans ces nouveaux défis et leur matérialisation. Mais c'est en collaborant au sein d'un front unitaire plus large que nous parviendrons à amener ces sujets dans le débat public et à gagner des majorités. Le ROC en est bien conscient et en appelle donc à toutes les bonnes volontés.


Journée sans achat 2008

Profiter de la crise ?

Aperçu du stand tenu dans les rues basses
Aperçu du stand tenu dans les rues basses

Genève, 30.11.08 – Hier samedi, dans plus de 55 pays, la Journée sans achat a été célébrée. A Genève, un collectif constitué des Jeunes Vert-e-s de Genève, du Parti Communiste genevois et de ChristNet, s’est occupé d’organiser stands, soupe populaire et animations dans les rues basses. En fin de journée, un débat public a eu lieu à Uni-Mail sur la décroissance et la simplicité volontaire, avec la participation de Josef Zisyadis, Hugo Zbinden et Isabelle Chevalley. Il a été suivi par une centaine de personnes.

Soupe, vin chaud, actions

Zone sans achat dans les rues basses
Zone sans achat dans les rues basses
Comme chaque année, la Journée sans achat s’est tenue le dernier samedi de novembre juste avant les folies consuméristes des Fêtes de fin d’année. A Genève, nous avons repris la slogan de Casseurs de pub: «Et si on profitait de la crise pour s’arrêter et réfléchir ?» Telle fut la suggestion lancée au chalands par la trentaine d’activistes réunis à la rue du Molard à Genève. En offrant de la soupe, du vin chaud et des gâteaux, le collectif ad hoc, ouvrait une zone de non-achat en pleines rues basses. Par des actions « coup de poing » à l’entrée des magasins et par la libération symbolique d’une marionnette du pouvoir du consumérisme, ils ont attiré l’attention du public sur le fait qu’une croissance économique infinie n’est pas possible dans un monde dont les ressources naturelles sont limitées.

Un débat public

Conférence à l'uni
Conférence à l'uni

En fin de journée, une centaine de personnes se sont réunies à Uni-Mail pour suivre le débat public « Décroissance et simplicité volontaire ». Après une introduction de ces deux concepts par Thibault Schneeberger (collectif Journée sans achat), deux personnes témoignèrent de leur manière de simplifier leur vie. Martine Degoumois, jeune employée issue d’une génération « hors sol », en perte de sens, a appris, par une année de voyage à travers le monde, à mieux s’écouter, à moins consommer et à trouver un nouveau sens à sa vie. Catherine Riedlinger (enseignante) a fait part de son expérience communautaire qui l’a poussée à lâcher prise des biens matériels pour mieux se tourner vers l’autre. Quant à Joseph Zisyadis (POP, Vaud), il est convaincu qu’une démarche individuelle doit être complétée par une démarche politique et se désigne comme « objecteur de croissance ». Il dénonce l’actuelle « toxicodépendance » à la croissance et appelle à une déconstruction qui impliquerait des changements radicaux en rupture avec le capitalisme et l’ordre marchand. Hugo Zbinden (Les Verts, Genève) préfère parler d’équilibre face à la nature qu’il est nécessaire de rétablir. Selon lui, ceci nécessiterait forcément des efforts, car nos habitudes de consommation actuelles se baseraient sur la présomption de la croissance. Enfin, Isabelle Chevalley (Écologie libérale), s’engage pour une « croissance qualitative » où qualité de vie et pouvoir d’achat ne sont pas synonymes. Après un débat politique animée, le public s’est exprimé. Plusieurs participants soulignaient l’importance d’aborder et d’approfondir ces sujets. « Je suis très reconnaissante que des gens de diverses tendances mais avec un but commun se soient réunis ce soir », conclut une participante.

Une porte pour le futur

Les organisateurs veulent amener la population à rejoindre un "Réseau pour la Décroissance" sur Genève, comme il en existe déjà en Valais par exemple, afin de réfléchir sur ce thème ainsi que celui de la "simplicité volontaire", et de leurs conséquences politiques et individuelles. Chacun est appelé à s'y engager selon ses moyens et motivations. Pour ce faire, il suffit d'envoyer un mail au Collectif JSA objecteursdecroissance@gmail.com signifiant votre intérêt pour joindre ce groupe, dont une présentation est faite sur cette page.

Toutes les photos de la Journée sans achat 2008 sont ici !

Médias

Voici les liens vers les différents médias qui ont couvert l'événement:


La Chaîne.ch Vidéo des meilleurs moments de la JSA 2008

Gauchehebdo, vendredi 31 octobre 2008, Décoloniser notre imaginaire et nos modes de vie, Julien Cart

Journal de solidaritéS, Thibault Schneeberger

Radio Cité 26.11.08 - Julien Cart (Jeunes Verts Genève)

Radio Cité 27.11.08 - Laurent Tettamanti (Parti Communiste GE)

29.11.08 - Journal de 19h30 (reportage)

Télévision Suisse Romande 28.11.08 - Journal Régional de 19h00 (débat Josef Zisyadis - Pierre Weiss)

Radio Suisse Romande 27.11.08 - Joseph Zizyadis (POP VD)

Le Courrier : Vendredi 28.11.08 - "Samedi, augmentez votre pouvoir de non-achat" avec photo en Une Samedi 29.11.08 - Éditorial et dossier de 2 pages

Tribune de Genève Lundi 01.12.08 - "La Journée sans achats fait débat dans les Rues-Basses"