Introduction aux OGM
Un article de decroissance.ch.
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Organisme Génétiquement Modifié: Organisme Génétiquement Manipulé ? ou Organisme Génétiquement Monstrueux ?
Définition : organisme vivant, dont les caractéristiques génétiques initiales ont été modifiées de manière non naturelle.
Pour y voir plus clair, il est important de comprendre dans quel cadre sont actuellement utilisés les OGM.
En recherche fondamentale, les OGM sont créés et manipulés en laboratoire dans le but de comprendre les processus biologiques liés à cette technologie.
Dans le domaine médical, les OGM sont utilisés depuis plus de 30 ans, par exemple pour produire de l’insuline (en traitement contre le diabète) ou pour produire des vaccins. Ces OGM sont utilisés puis détruits en laboratoire. Seule la protéine (ex : l’insuline) fabriquée par l’OGM sort du laboratoire pour être insérée dans le corps humain. Cette protéine n’est pas un OGM, elle est le produit du « travail » de l’OGM. Ce faisant, il est possible de suivre les éventuels effets secondaires liés à l’utilisation de ces médicaments issus de cette nouvelle technologie, en opérant un suivi des personnes traitées, et ainsi savoir si ces moyens thérapeutiques comportent un danger lié à la « technologie OGM ».
L’utilisation des OGM en agriculture pose des problèmes plus vastes. Premièrement, les OGM ne sont pas utilisés de manière confinée (en laboratoire), mais sont implantés en pleine nature, dans un milieu bien plus complexe. Deuxièmement, ce sont les OGM eux-mêmes qui sont ingérés par les hommes, les animaux et les microorganismes, plus seulement leur « production ».
- les plantes qui absorbent un pesticide sans mourir (le fameux « soja Roundup Ready » de Monsanto par exemple) : la plante a reçu un gène qui empêche la molécule active du Roundup d’agir sur elle, cette molécule ayant la fulgurante capacité de faire mourir toutes les autres plantes.
- les plantes qui produisent un insecticide (« maïs Bt », « coton Bt », « betterave Bt », etc.) : le gène d’une bactérie naturellement présente dans le sol (le Bacillus thuringiensis) est inséré dans ces plantes, afin qu’elle produisent une toxine qui tue les insectes qui les « attaquent ».
Le 1% restant représente des OGM résistants à des virus ou à des champignons pathogènes (c’est le cas du programme suisse de recherche PNR59, qui modifie la résistance du blé à l’oïdium, un champignon ; cf. le texte sur Pully), des plantes capables de prospérer dans des environnements hostiles, des plantes à valeurs nutritives modifiées ou encore des animaux géants pour l’industrie agroalimentaire.
Si ces plantes sont déjà cultivées depuis 15 ans dans plusieurs régions du monde, pas même le plus sérieux des scientifiques n’est en mesure aujourd’hui d’en définir les effets sur l’environnement (quelques études démontrent pourtant que les gènes modifiés se baladent allégrement dans la nature, à travers l’eau, les animaux ou les microorganismes du sol, perturbant ainsi très rapidement les écosystèmes), sur la santé humaine (quelques études passées sous silence démontrent pourtant que des rats ayant consommé des aliments OGM subissent des effets importants sur leur organisme) ou sur la capacité des OGM à contaminer des plantes « normales », à s’hybrider avec, ou voire, à terme, à les remplacer.
Il n’est pas question ici de décrire les problèmes politiques, économiques ou éthiques liés au OGM et à l’agriculture industrielle, mais de comprendre scientifiquement les raisons pour lesquels planter ne serait-ce qu’une graine OGM en pleine nature est à la fois criminel et suicidaire. Criminel pour la nature et suicidaire pour l’espèce humaine, dont l’existence même dépend depuis 10'000 ans de l’agriculture.
Prenons donc quelques exemples qui permettront au lecteur de contrer les belles paroles des défenseurs des OGM, dont les arguments ne tiennent qu’à un fil : le sacro-saint progrès scientifique.
« La transgénèse n’est que le prolongement des processus biologiques naturels. » S’il est clair que les organismes vivants sont en constante transformation et qu’ils contiennent tous des gènes, la « barrière des espèces » ne permet en aucun cas au gène d’une espèce d’en sortir pour intégrer l’ADN d’une autre espèce.
« Les OGM vont sauver la faim dans le monde, on va pouvoir cultiver du soja sur la banquise ou dans le désert.» Depuis bientôt 20 ans que la science produit des OGM, pas une seule de ces plantes magiques annoncées n’est sortie d’un laboratoire…
« Les OGM permettent de faire des aliments de base de meilleure qualité nutritive. Par exemple, on cultive le « riz doré » qui contient plus de vitamine A, vitamine qui manque dans l’alimentation de certains peuples victimes de maladies dues à cette carence. » Il est possible de démontrer que si l’on pousse une plante à produire plus d’un élément grâce à la modification d’un gène, ce changement se fera au détriment d’autres éléments tout aussi essentiels. On perturbe ainsi le métabolisme de la plante, mais aussi de celui qui consomme la plante. Ces métabolismes étant très complexes, il est impossible de prévoir quelles perturbations seront engendrées par une manipulation. On crée ainsi un problème en pensant en résoudre un autre.
« Les plantes à pesticides permettent de réduire l’utilisation de pesticides par les agriculteurs, c’est plus écologique. » Dans le cas d’une plante « Bt », il est aisé de comprendre que si un agriculteur fait le choix de traiter une culture normale avec un pesticide à une période donnée où les attaques de ravageurs se font sentir, la quantité de traitement est sans commune mesure avec une culture OGM qui produit constamment, du semis à la récolte, ce même pesticide. Outre l’aspect quantitatif (les plantes « Bt » sécrèteraient de 10'000 à 100'000 fois la quantité de produit équivalente à un traitement), on sait qu’il existe des phénomènes de résistances chez les insectes ou les plantes qui reçoivent un traitement. Seuls les plus forts s’en sortent et se multiplient. Il faut alors trouver un pesticide plus virulent. Au lieu de limiter les risques, on les concentre. Dans le cas du soja « Roundup Ready », on sait maintenant que, le fait de pouvoir négliger les effets du Roundup sur la plante qu’on cultive incite les agriculteurs à utiliser sans mesure ce produit de synthèse dangereux. La consommation de pesticides aux Etats-Unis aurait augmenté d’au moins 40% depuis l’introduction des OGM.
Outre l’aspect monstrueux de ces nouvelles chimères et de la manipulation du vivant, force est de constater aujourd’hui qu’on ne peut en aucun cas maîtriser cette technologie en l’implantant dans la nature et que les « conséquences collatérales » sont aussi innombrables qu’imprévisibles.
Créer une plante ou un animal OGM est en soi très aléatoire mais aussi assez simple (on s’en sort bien avec une blouse blanche, un laboratoire et beaucoup d’argent), mais il est évident que ça ne sert à rien. De nombreuses alternatives existent ou sont encore à trouver. La mise en culture d’un OGM cherche à rentabiliser un aspect secondaire de l’organisme, au mépris de son fonctionnement biologique fondamental. C’est comme si on créait des êtres humains sans sexe pour lutter contre les infections sexuellement transmissibles et limiter la production de latex, ou des hommes sans cheveux pour lutter contre les pellicules et limiter la consommation de Petrol-Ahn.
Bon. Pour de plus amples détails, il faut voir ABSOLUMENT la conférence donnée par Christian Vélot à Toulouse en 2005 (altercampagne.net dans l’onglet « document »).

