Albert Jacquard
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Biographie
Albert Jacquard, né à Lyon le 23 décembre 1925 (83 ans), est un scientifique et essayiste français. Il est généticien et a été membre du Comité consultatif national d'éthique.
Albert Jacquard consacre l’essentiel de son activité à la diffusion d’un discours humaniste destiné à favoriser l’évolution de la conscience collective.
Il est un des soutiens de l’association Droit au logement. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Il anime une chronique radiophonique quotidienne sur
Issu d’une famille catholique et conservatrice originaire du Jura, Albert Jacquard obtint deux baccalauréats Mathématiques élémentaires et Philosophie en 1943. Élève très brillant, il entra en 1945 à l’École polytechnique, en sortit ingénieur des Manufactures de l’État en 1948 et intégra l’Institut de statistiques dont il fut également diplômé, et devint ingénieur d’organisation et méthode.
À l'âge de 9 ans, un drame bouleverse son enfance. La voiture familiale subit un accident dans lequel Albert Jacquard perd son plus jeune frère. Lui-même en ressort défiguré, ce qui transformera longtemps sa perception du regard des autres: « j'ai cru qu'ils me méprisaient » a-t-il dit à l'émission de France 5 Empreintes : 'Albert Jacquard, jamais sans les autres' diffusée le 11 janvier 2008.
Le haut fonctionnariat
Albert Jacquard entra à la Société d'exploitation industrielle des tabacs et des allumettes en tant qu’ingénieur d’organisation et méthode, puis en fut nommé secrétaire général adjoint de 1951 à 1961. Rapporteur auprès la Cour des Comptes de 1959 à 1970 et directeur adjoint au service de l’équipement du ministère de la Santé publique de 1962 à 1964, il entra à l’Institut de démographie de Paris et en fut diplômé en 1965.
Titulaire d’un certificat de génétique en 1966, il s’orienta vers une carrière scientifique, et partit aux États-Unis pour étudier la génétique des populations à l’Université de Stanford, en tant que Research Worker en 1966 et 1967. De retour en France en 1968 avec un diplôme d’études approfondies de génétique en poche, il intégra l’Institut national d'études démographiques en tant que chargé de recherches et responsable du service de génétique. Titulaire d'un doctorat d’université de génétique en 1970 et d’un doctorat d’État en biologie humaine en 1972, il fut nommé expert en génétique auprès de l’Organisation mondiale de la santé de 1973 à 1985.
Carrière universitaire et reconnaissance
Albert Jacquard s’orienta alors vers la recherche universitaire : il devint professeur invité à l’Université de Genève de 1973 à 1976, puis professeur associé de 1976 à 1992. L’Université de Paris VI le titularisa de 1978 à 1990, et l’Université de Louvain en Belgique l’invita de 1979 à 1981.
Le travail d’Albert Jacquard lui valut une reconnaissance nationale : il fut nommé officier de Légion d'honneur et commandeur de l’Ordre national du Mérite par le président Valéry Giscard d'Estaing en 1980, et reçut le prix scientifique de la Fondation de France la même année, avant d’être nommé membre du Comité consultatif national d'éthique de 1983 à 1988.
Après de nombreuses publications de vulgarisation scientifique et de réflexion sur la condition humaine, Albert Jacquard fut nommé docteur honoris causa de l’Université du Québec en 1987, et des universités du Nouveau-Brunswick, de Hainaut, et de Louvain-la-Neuve. Conseiller scientifique à l’INED de 1990 à 1991, et encore professeur de l’Academia di Architettura du Tessin, sa belle plume et son talent lui valurent le prix littéraire de la Ville de Genève en 1992.
Engagement politique
« Je n'ai pas de solution : mon objectif, ce n'est pas de construire la société de demain, c'est de montrer qu'elle ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui. »
Albert Jacquard participe au Comité consultatif national d'éthique. Généticien, il a décidé d'arrêter lui-même ses travaux. Il se prononce contre l'exploitation à des fins commerciales du génome humain et brevetage généralisé du vivant.
Il est proche du mouvement altermondialiste et est un contributeur régulier du journal Le Monde diplomatique.
Grand humaniste, Albert Jacquard s'engage pour la défense des plus démunis. Il milite notamment aux côtés de l'association Droit au logement et de l'Abbé Pierre. Il apporte son soutien aux sans-papiers en grève de la faim à Lille durant l'été 2007. Il exprime ses vues sur la société et les sujets d'actualité dans une chronique radiophonique quotidienne sur France Culture.
En 2004, il parraine avec Edgar Morin la liste Europe - Démocratie - Espéranto pour les élections au Parlement européen.
En novembre 2005, il lance l'appel des vieux avec huit autres « vieux ».
En 2006, et depuis septembre 2005, il est parrain du projet Cité des Savoirs du XXIe siècle pour l'île Seguin avec Régis Debray, Axel Kahn et Philippe Meirieu.
Lors de l’élection présidentielle de 2007, il apporte son soutien au projet de Christian Garino, candidat pour Esperanto - Liberté.
Lors des élections législatives de juin 2007, Albert Jacquard co-préside avec Axel Kahn le comité de soutien d'André Aschieri dans la 9e circonscription des Alpes-Maritimes.
Il soutient aussi une pétition créée par des victimes et proches de victimes de l’inceste et de la pédophilie. Cette pétition a pour but d'enlever la prescription de crimes sexuels commis sur les enfants, afin que les enfants victimes aujourd'hui puissent porter plainte sans restriction de temps. Il s'oppose également à la tenue du rallye Paris-Dakar en apportant son soutient à l'association Padak.
Il est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.
La nécessaire décroissance
Dans son dernier livre, Mon utopie, (septembre 2006, Editions Stock) Albert Jacquard écrit : « La croissance de la consommation est en réalité l’équivalent d’une drogue […]. Cette croissance, lorsqu’elle à lieu au sein des nations les plus développés, rend plus improbable une diminution des inégalités entre les peuples ; l’écart ne peut que s’aggraver. […] C’est donc, dès maintenant, non pas seulement une “croissance zéro” comme l’avait proposé le Club de Rome, mais une décroissance de la consommation des plus riches qui est nécessaire. Cette perspective n’a rien de sombre, à condition qu’elle soit accompagnée d’un développement des activités qui ne détruisent pas les richesses de la planète, notamment toutes celles générées par les rencontres entre humains. »
Imaginer une autre humanité
"Il nous faut tenter d'imaginer une autre humanité capable de tenir compte de deux évidences: d'une part la nécessité d'une gestion collective et raisonnable des richesses que la planète nous offre, d'autre part la nécessité de rencontres pacifiques et fécondes avec nos semblables ; d'une part l'humanité dialoguant avec la Terre, d'autre part les humains dialoguant entre eux. Il se trouve que les structures politiques et sociales actuellement dominantes, celles de l' "Occident", ne respectent ni l'une ni l'autre de ces exigences." A. Jacquard in Le compte à rebours a-t-il commencé ? (2009, Editions Stock)
C'est dans ce double esprit que le Réseau Objection de Croissance (R.O.C) Suisse a vu le jour et veut s'engager.

